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Rénovations visant l’efficacité énergétique : potentiel énorme d’une politique incitative dans le secteur résidentiel au Québec

Olivier Roy
Écrit par Olivier Roy

Une récente étude  publiée par la Chaire de gestion du secteur de l’énergie (HEC Montréal) conclut  à un fort potentiel d’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments résidentiels au Québec, en particulier en ce qui concerne les besoins en chauffage. L’étude a évalué la rentabilité de différents types de travaux de rénovation énergétiques pour les bâtiments utilisant l’électricité et a identifié, à l’aide de simulations, les travaux qui permettent les gains énergétiques les plus élevés aux coûts les plus bas possible. Ce sont les travaux d’amélioration de l’isolation et de remplacement des systèmes de chauffage par des thermopompes qui présentent les plus forts potentiels. Le remplacement de l’éclairage par des ampoules DEL est aussi très accessible étant donné son faible coût. Plusieurs autres travaux énergétiques sont rentables, mais les conditions d’emprunt ont un impact majeur sur la rentabilité des travaux.  

À la lumière des résultats, l’auteur parle du « manque d’ambition des politiques gouvernementales » découlant du Plan directeur en transition, innovation et efficacité énergétiques du Québec 2018-2023 (prolongé jusqu’en 2026) du gouvernement du Québec.       

Le rapport de l’étude fait ressortir que les bâtiments résidentiels représentent 18 % de toute l’énergie consommée au Québec, et que le chauffage représente en moyenne 68 % de cette énergie consommée. En particulier, 1,2 million de bâtiments (67 % du parc de logements québécois) utilisent l’électricité pour la totalité de leurs besoins énergétiques. Selon le type de bâtiment, sans surprise, la maison individuelle s’avère être la plus énergivore.

En se basant sur la zone climatique, la période de construction et le type d’énergie utilisés, l’étude réalise une série de simulations de la performance énergétique de bâtiments de référence pour 13 types de rénovation. Au total, 702 scénarios sont évalués.

Chaque type de travaux comporte également une estimation des coûts, basée sur le coût des matériaux, de l’équipement et de la main-d’œuvre. On suppose ensuite que le financement des travaux est réalisé à l’aide d’un emprunt sur la durée de vie du produit, ce qui permet d’établir le coût du kilowattheure économisé pour chaque scénario.

Selon l’hypothèse de base d’un coût de financement de 3 %, bon nombre de travaux de rénovation énergétique sont rentables. Mais si on applique plutôt un taux d’emprunt de 0 %, le nombre de travaux énergétiques rentables est démultiplié. Certains scénarios permettraient même, globalement, de réaliser des économies importantes de l’ordre de presque 7 térawattheures (TWh), soit environ 75 % du contrat d’exportation que le Québec a signé avec le Massachusetts représentant près de 10 milliards de dollars.   

L’auteur affirme que le gouvernement du Québec devrait être plus ambitieux et cite notamment en exemple la France, où le gouvernement garantit des prêts à taux zéro pour les particuliers qui réalisent des améliorations de la performance énergétique de leur logement, une initiative qui s’appelle Éco-prêt à taux zéro.

À cet effet, le rapport émet des recommandations, notamment :

1) d’ajuster les politiques incitatives en fonction des bâtiments et des zones climatiques;

2) de promouvoir l’amélioration de l’isolation plutôt que l’installation de thermopompes;

3) de mettre en place une politique d’emprunt incitative à la rénovation énergétique.

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