Gestion du personnel

L’humour au travail

Julie Brissette
Écrit par Julie Brissette

C’est bien connu, l’humour a de nombreux bienfaits sur la santé. Il contribue à diminuer le stress, remonte le moral et peut même améliorer la productivité des employés. Intégrer l’humour au travail semble, à priori, une bonne idée. Mais attention aux limites à ne pas franchir!

Dans les dernières années, les milieux de travail ont beaucoup changé. Aujourd’hui, nous retrouvons, sur les chantiers de construction, plus de femmes et de nouveaux arrivants qu’il y a quelques années. Ces nouvelles arrivées sur les chantiers amènent les mœurs à changer et forcent les employeurs à revoir leurs pratiques, notamment en matière d’humour au travail.

Humour ou harcèlement?

Bien que l’humour fasse partie de la vie au chantier, l’employeur doit user de prudence dans ce domaine. Le sens de l’humour est propre à chaque individu, et ce qui est drôle pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre. Puisque nous sommes tous différents et que chaque personne possède ses propres limites face à l’humour, comment savoir quelles sont les limites à ne pas dépasser dans les milieux de travail? En fait, la ligne est parfois mince entre l’humour acceptable et le harcèlement psychologique.

Nous parlons de harcèlement psychologique lorsque des blagues vexantes, offensantes, humiliantes ou blessantes envers une personne ou un groupe de personnes sont répétées et qu’elles portent atteinte à la dignité ou à l’intégrité d’un travailleur tout en rendant son milieu de travail néfaste. Pour être en présence de harcèlement psychologique, il faut, habituellement, une répétition de ces paroles, de ces gestes ou de ces actes dans le temps.

Quelle est l’intention?

Le caractère vexatoire des blagues s’apprécie généralement en fonction de la personne qui vit la situation, sans égard aux intentions de la personne qui harcèle. Une personne bien intentionnée peut être un harceleur lorsque ses plaisanteries sont vexantes ou offensantes pour une autre personne ou un groupe de personnes.

Dans la majorité des cas, l’appréciation porte sur la nature, l’intensité et la récurrence des gestes importuns, de même que leur impact sur la victime1. L’employeur doit donc être prudent et porter une attention particulière aux blagues qui pourraient être perçues comme étant du harcèlement, par exemple :

  • Les blagues sur les caractéristiques physiques d’un travailleur
  • Les blagues ou les insultes à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes (ex. : les homosexuels, les femmes, les nouveaux arrivants, la religion, etc.)
  • Les surnoms blessants

Nous pourrions alors parler de harcèlement psychologique pour les gens qui n’en veulent pas ou qui ne souhaitent pas cet humour et qui le dénoncent, si les commentaires ne cessent pas.

Les employeurs doivent être vigilants et s’assurer que l’humour est utilisé dans des limites acceptables pour ne pas devoir faire face à une plainte. La civilité dans les rapports sociaux entre collègues devrait être fortement encouragée. Pour plus d’information à ce sujet, vous pouvez communiquer avec un conseiller en relations du travail au 1 800 463-6142.

1Commission des normes, de l’équité et de la santé et sécurité au travail, Guide Interprétation et jurisprudence, article 81.18.

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