Le contrôle du radon est désormais un enjeu incontournable dans la construction résidentielle. Invisible et inodore, ce gaz radioactif peut s’infiltrer par les fondations et atteindre des concentrations présentant un risque pour la santé. C’est pourquoi plusieurs modifications ont été intégrées au Code de construction du Québec. Ces ajustements s’inscrivent dans un mouvement déjà amorcé par la Régie du bâtiment du Québec (RBQ), qui rehausse progressivement les normes liées à la gestion du radon dans les nouvelles habitations.
Comprendre le radon et les risques associés
Le radon provient de la désintégration naturelle de l’uranium dans le sol. Il se dissipe rapidement à l’extérieur, mais il peut s’accumuler et dépasser les seuils recommandés dans un bâtiment. Rappelons que le Québec s’aligne depuis quelques années sur la recommandation de Santé Canada, qui fixe le seuil maximal annuel à 200 Bq/m³, afin de mieux protéger la population.
Pourquoi de nouvelles exigences dans le Code ?
Certaines régions présentent naturellement des concentrations plus élevées, mais il est impossible d’établir une carte précise des zones à risque. Deux habitations voisines peuvent présenter des niveaux très différents. Comme il est coûteux d’ajouter des mesures d’atténuation après la construction, le Code impose désormais des solutions dès la mise en chantier afin d’assurer la santé et la sécurité des occupant·e·s.
Les principales exigences à connaître
Voici les mesures que doivent maintenant intégrer les constructeur·trice·s lors de la construction d’une habitation neuve :
- Une colonne d’extraction passive complète dès la construction
Les nouvelles dispositions exigent, dans plusieurs cas, l’installation d’une colonne d’extraction passive, et non plus seulement une conduite « en attente ». Cette colonne doit :
- être raccordée à la canalisation sous la dalle ;
- traverser le bâtiment verticalement ;
- évacuer au‑dessus du toit ;
- se trouver à une distance d’au moins 10 pi des fenêtres, portes et prises d’air.
Cette approche facilite l’ajout d’un système mécanique de dépressurisation, au besoin.
- Des exigences techniques précises
La réglementation impose maintenant des critères clairs quant aux matériaux et aux méthodes :
- conduite sans perforations ;
- diamètre minimal de 4 po ;
- matériaux conformes (PVC de la série 40) ;
- isolation obligatoire dans les sections non chauffées, particulièrement dans l’entretoit, pour assurer une bonne performance de la colonne passive.
- Une identification obligatoire de la conduite.
Le Code exige désormais que la conduite d’extraction du radon soit identifiée clairement pour éviter toute confusion avec d’autres systèmes mécaniques ou de plomberie. Cette identification doit être posée à intervalles réguliers et à chaque changement de direction, au moyen d’autocollants indiquant la fonction de la conduite. Cette mesure contribue à la sécurité, à la conformité et à l’entretien futur.
Un rehaussement bénéfique pour l’industrie et les occupant·e·s
Ces nouvelles exigences font du Québec un précurseur au Canada et lui permettent d’obtenir une longueur d’avance, alors que les autres provinces intégreront progressivement ces exigences avec l’adoption du Code de construction 2025. Ces nouvelles exigences permettent :
- d’améliorer la qualité de l’air intérieur ;
- d’éviter des coûts supplémentaires après la construction ;
- d’offrir un environnement plus sécuritaire aux familles ;
- d’uniformiser les pratiques dans l’industrie.
En agissant dès la construction, les entrepreneur·e·s réduisent les risques que les occupant·e·s soient exposé·e·s au radon et se conforment aux exigences réglementaires, tout en valorisant la qualité de leurs réalisations.
