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Impact du bois sur la qualité des espaces intérieurs

Myriam Drouin
Écrit par Myriam Drouin

La présence de bois en milieu intérieur favorise la création d’ambiances chaleureuses. Une impression partagée par plusieurs, mais peu documentée scientifiquement.

Afin de mieux comprendre l’impact du bois et des conditions du ciel sur la qualité des espaces intérieurs, des projets de recherche ont été conduits par la Chaire industrielle de recherche sur la construction écoresponsable en bois (CIRCERB) à l’Université Laval.

Trois candidates à la maîtrise en architecture, Mélanie Watchman, Geneviève Poirier et Hoda Jafarian, se sont penchées sur la question. Les projets des deux premières candidates ont été réalisés sous la supervision de Claude Demers et d’André Potvin, professeurs en architecture, alors que celui de Mme Jafarian a aussi été réalisé sous la supervision de Claude Demers, mais également de Pierre Blanchet et Véronic Landry, professeurs en sciences du bois.

Les travaux de Mélanie Watchman ont tenté de comprendre l’influence de la présence d’une finition intérieure en bois sur le confort des occupants. Pour y arriver, une étude comparative de deux espaces de réunion similaires, avec et sans finition intérieure en bois, a été réalisée. Des mesures de conditions intérieures ont été prises dans ces deux espaces, alors qu’un questionnaire a permis de recueillir et comparer la perception des occupants.

Les analyses quantitatives et qualitatives révèlent que les deux salles partagent des valeurs de confort thermique, acoustique et olfactif similaires, mais présentent des caractéristiques visuelles contrastantes. Dans la salle finie en bois, les couleurs, nœuds et grains du bois contribuent à une expérience visuelle chaleureuse alors que le mélange de finis artificiels que l’on retrouve dans l’autre salle génère une ambiance plus froide et bleuâtre. Les résultats du questionnaire indiquent que les occupants étaient généralement plus satisfaits de l’éclairage, du bruit et des températures dans la salle présentant du bois, malgré des conditions environnementales objectivement similaires.

Grâce à l’usage de maquettes à échelle réduite et de photographies numériques, le projet de Geneviève Poirier a comparé les ambiances intérieures générées par le matériau de bois éclairé naturellement, sous la lumière nordique, en prenant en compte l’impact des conditions du ciel en matière de couverture nuageuse et d’épaisseur de nuages. Les maquettes ont également servi à étudier l’effet de la couleur, la brillance et la quantité de bois sur la satisfaction visuelle de l’observateur, selon les différentes ambiances lumineuses.

Les résultats ont démontré l’importance de la couleur du bois, ainsi que de la position du soleil et des conditions nuageuses sur les ambiances créées avec le bois dans les espaces intérieurs. Les bois teints en gris ont généré des ambiances ternes et peu changeantes, alors que les surfaces en bois de chêne de couleur jaunâtre ont permis des ambiances diverses et dynamiques. L’atmosphère de l’espace composé de bois en chêne a beaucoup varié selon la nébulosité et la position du soleil, tandis que l’espace composé de bois gris a été peu influencé par les conditions du ciel.

Une enquête auprès de 80 participants a révélé une préférence pour les espaces clairs, les qualifiant de lumineux, naturels, chaleureux et agréables, favorisant des tâches cognitives et de concentration. L’espace composé de surfaces foncées est le moins apprécié, particulièrement chez les femmes, le qualifiant de sombre, désagréable, épeurant et éblouissant.

Les travaux d’Hoda Jafarian ont poursuivi dans la même lignée. L’étudiante a exploré les paramètres qualitatifs d’un espace en bois en présence de l’ensoleillement direct issu du ciel clair ainsi que de la lumière diffuse du ciel couvert, en matière de luminosité, de contraste et de température de couleur d’un espace. Les aspects quantitatifs de la recherche ont porté sur l’impact du bois (essence, couleur, position, finition et quantité) sur la distribution et la qualité de la lumière du jour dans un espace intérieur.

Les résultats montrent que les différences d’emplacement et de type de bois utilisé dans un environnement architectural entraînent des distributions de la lumière du jour et des effets significativement différents sur l’ambiance lumineuse. Ainsi, la couleur d’un espace change en fonction de la nature du bois utilisé et de sa position dans l’espace. L’usage de bois de couleur jaunâtre, dans ce cas-ci le chêne, augmente la probabilité de créer une ambiance plus chaleureuse. Le projet a démontré que l’installation de bois de couleurs vives sur des surfaces intérieures amène la lumière du jour plus profondément dans l’espace.

Enfin, ces trois projets ont permis de confirmer l’intérêt des occupants pour le bois en milieu intérieur, et de mieux comprendre sous quelles conditions ce matériau fournit les meilleures ambiances intérieures. Des résultats qui peuvent servir aux architectes et designers lors de la sélection des matériaux.

Pour plus de détails sur ces projets, vous pouvez consulter le répertoire des thèses et mémoires de l’Université Laval : corpus.ulaval.ca.

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Myriam Drouin

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