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À un an des élections, quel bilan dresse-t-on de la crise de l’habitation au Québec ? 

Écrit par Québec habitation

Le 20 novembre dernier, dans le cadre du Congrès 2025 de l’APCHQ, qui s’est tenu à Trois-Rivières, la plénière « Toute l’industrie en parle » a réuni des voix influentes du secteur de l’habitation pour dresser un bilan des actions gouvernementales face à la crise de l’habitation.

À un an des élections québécoises, le constat est nuancé : on observe des avancées notables, mais aussi des défis persistants.

Un contexte marqué par l’urgence

La crise de l’habitation au Québec ne cesse de s’amplifier. Rareté des logements abordables, hausse des coûts de construction, pénurie de main-d’œuvre : les enjeux sont nombreux. Si le gouvernement reconnaît désormais la gravité de la situation, plusieurs intervenant·e·s ont dénoncé un manque de cohérence dans les mesures adoptées et la lenteur de leur mise en œuvre.

Les bons coups : des outils qui font la différence

Parmi les initiatives saluées, le projet de loi 31 et les « super-pouvoirs » accordés aux municipalités ont permis d’accélérer la réalisation de certains projets, notamment à Québec et à Montréal. Ces leviers ont contribué à débloquer des chantiers majeurs, en réduisant l’influence des oppositions locales. Autre avancée : la création d’un ministère spécifiquement dédié à l’habitation, signe d’une prise de conscience politique.

Les partenariats entre municipalités, organismes communautaires et acteur·trice·s privé·e·s ont également été cités en exemple. À Rimouski, des collaborations stratégiques ont permis de lancer des projets pour loger des étudiant·e·s, des personnes âgées et des familles, malgré un taux d’inoccupation inférieur à 1 %.

Des défis persistants : financement et coordination

Malgré ces progrès, le panel a pointé des lacunes importantes. Le financement demeure un casse-tête : les subventions actuelles, bien qu’essentielles, ne suffisent pas à compenser la hausse des coûts. Plusieurs expert·e·s plaident pour des modèles innovants, inspirés de l’Europe, misant sur des prêts à long terme et des mécanismes de financement patient plutôt que sur des subventions massives.

Autre enjeu : la coordination entre les ordres de gouvernement. Les tensions entre Ottawa, Québec et les municipalités ralentissent la mise en œuvre des solutions. « Il faut asseoir tout le monde autour d’une même table », a résumé Isabelle Melançon.

Une crise qui se transforme

Au-delà du manque de logements, la crise en est désormais une d’abordabilité. Les coûts explosent, rendant la construction de logements abordables de plus en plus difficile. Cette situation accentue les inégalités et alimente des phénomènes préoccupants, comme la hausse de l’itinérance dans plusieurs villes.

Quelles priorités pour 2026 ?

À l’approche des élections, les attentes sont claires : simplifier les processus municipaux, accélérer la mise en vente des terrains excédentaires, adapter les programmes aux réalités du terrain et investir dans la formation de la main-d’œuvre. Mais surtout, agir avec cohérence et courage politique.

Un bilan en demi-teinte

Si des progrès ont été réalisés, notamment sous l’impulsion de la ministre France-Élaine Duranceau, la situation globale reste préoccupante. Comme l’a rappelé Jean-Philippe Meloche : « Les politiques mises en place aujourd’hui porteront leurs fruits dans 3 à 5 ans. Mais pour l’instant, la crise s’aggrave. »

En conclusion, la plénière a mis en lumière un consensus : il est temps de passer d’une logique de réaction à une stratégie concertée et durable. La crise de l’habitation, c’est bien plus qu’un enjeu économique : c’est un défi social majeur qui exige des solutions ambitieuses et coordonnées !


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Québec habitation

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