Réunis à Québec les 29 et 30 octobre, les acteurs de la construction résidentielle ont discuté des grands défis qui transforment l’industrie. Intelligence artificielle, productivité, abordabilité, préfabrication, efficacité énergétique et contexte économique : retour sur les principaux sujets qui ont marqué le Congrès 2026 de l’APCHQ.
Sous le thème « En mouvement. Bâtir. Rénover. Innover. », le Congrès 2026 de l’APCHQ s’est tenu au Hilton Québec. Sa programmation était répartie sur deux journées complémentaires : une première journée destinée notamment aux réalités concrètes des entreprises et une seconde consacrée aux grands enjeux qui façonnent l’avenir de l’industrie de la construction résidentielle et de la rénovation.
Au-delà de la diversité des activités, plusieurs questions ont traversé les échanges : comment accroître la productivité? Quel rôle les nouvelles technologies peuvent-elles jouer? Comment construire davantage tout en améliorant l’abordabilité? Et comment préparer l’industrie aux transformations qui s’accélèrent?
Des solutions concrètes pour les entreprises
Le 29 octobre, la Zone Entrepreneur·e·s a placé les besoins des gens de terrain au premier plan. La journée regroupait plus de 50 exposants ainsi que des ateliers et des cliniques consacrés à des applications très concrètes pour les entreprises.
Financement de projets locatifs, préparation des soumissions, gestion d’entreprise, efficacité énergétique, enveloppe du bâtiment et fenestration faisaient notamment partie des sujets abordés. Un atelier consacré aux équipes performantes ainsi qu’une entrevue sur l’entrepreneuriat avec Olivier Primeau complétaient cette programmation.
Cette première journée accueillait également le Colloque SST de l’APCHQ. Les activités ont porté notamment sur les mécanismes de prévention, le monoxyde de carbone, le harcèlement et les milieux de travail sains, l’utilisation des échasses dans la construction résidentielle, la formation en santé et sécurité ainsi que la prévention et la gestion des accidents du travail.
L’intelligence artificielle passe du concept au chantier
Le 30 octobre, la réflexion s’est déplacée vers les transformations plus larges de l’industrie.
Le panel « Toute l’industrie en parle : l’IA au service de la construction » a réuni Erik A. Poirier, Sandra Pozzer, Christian Marcoux et Maxime Gagnon. La discussion portait sur des usages concrets de l’intelligence artificielle permettant notamment de gagner du temps, de déléguer autrement et de travailler plus efficacement.
Le sujet illustre une évolution importante pour les entreprises de construction. La transformation numérique ne se limite plus aux nouveaux logiciels de gestion. L’intelligence artificielle s’ajoute maintenant aux outils susceptibles de modifier certaines façons de planifier, de gérer et de réaliser le travail.
Productivité et abordabilité : comment construire plus efficacement?
La productivité a constitué un autre fil conducteur de la journée.
La « Grande discussion : Faire le pari de la productivité et de l’abordabilité » réunissait Audrey Murray, de la Commission de la construction du Québec, Michel Beaudoin, de la Régie du bâtiment du Québec, Lisa Ingraham, de la Société canadienne d’hypothèques et de logement, et Benoit Liodenot, de Maisons Canada. Au cœur de l’échange : les leviers permettant d’accélérer les projets résidentiels sans compromettre leur qualité.
Cette réflexion s’est poursuivie avec le bloc « Tournés vers l’avenir », notamment autour de la préfabrication. Éric Paradis, Jérémie Fournelle et Phillippe Dufort ont abordé le potentiel du préfabriqué comme levier de productivité.
Dans un contexte où l’industrie cherche à augmenter sa capacité de réalisation, ces échanges ont permis de mettre l’accent sur les méthodes de construction et les façons de mieux organiser la production.
L’efficacité énergétique au cœur de l’habitation de demain
Construire davantage n’est toutefois qu’une partie de l’équation.
Un deuxième échange du bloc « Tournés vers l’avenir » était consacré à l’efficacité énergétique. Philippe Hudon, Michaël Tanguay et Sylvain-Pierre Crête y ont abordé la question sous l’angle suivant : jusqu’où faut-il aller en efficacité énergétique et, surtout, comment y parvenir?
La question énergétique figurait également dans la programmation de la première journée, avec une clinique d’Hydro-Québec consacrée aux subventions offertes pour l’adoption de mesures reconnues en efficacité énergétique.
À mesure que les attentes envers la performance des bâtiments évoluent, l’efficacité énergétique s’inscrit ainsi parmi les enjeux qui influenceront la manière de bâtir et de rénover les habitations québécoises.
Habitation et politique : quelles promesses peuvent devenir réalité?
À l’approche des grands débats entourant l’habitation, le Congrès a également donné une place à la dimension politique.
Avec « L’agora des ex : Les promesses en habitation », Régis Labeaume, Diane Lemieux et Lise Thériault ont été invités à se pencher sur une question centrale : entre les promesses électorales et les contraintes politiques, quels changements concrets peut-on réellement anticiper en habitation?
Le contexte économique s’est aussi invité dans les discussions. Le panel consacré à la guerre tarifaire réunissait Francis Gosselin et Pierre Cléroux autour de ses impacts sur les PME et des moyens dont disposent les entreprises pour s’adapter et demeurer compétitives.
Ces conversations ont replacé les défis de la construction résidentielle dans un environnement plus large, où politiques publiques et conjoncture économique influencent directement les décisions des entreprises.
Une industrie appelée à s’adapter
Productivité, intelligence artificielle, préfabrication, efficacité énergétique, abordabilité, santé et sécurité : les sujets abordés au Congrès 2026 témoignent de la diversité des transformations auxquelles fait face l’industrie.
Ils montrent surtout que ces enjeux sont de plus en plus interreliés. Construire davantage implique de réfléchir à la disponibilité de la main-d’œuvre, aux méthodes de construction, aux technologies utilisées, à la performance des bâtiments et aux conditions permettant aux projets de se réaliser.
C’était précisément l’esprit du Congrès 2026 : réunir les gens de terrain, les spécialistes, les leaders et les décideurs autour de solutions et de réflexions capables de faire avancer l’industrie. La programmation officielle présentait d’ailleurs l’événement comme deux journées destinées à « bâtir, rénover et innover » et à faire progresser la construction résidentielle et la rénovation.
Revivez le Congrès 2026 de l’APCHQ en photos et consultez le site Web du Congrès annuel pour ne rien manquer de l’édition 2027.
