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Carrière en construction : une place de choix pour la relève!

Pamela Morel
Écrit par Pamela Morel

La pénurie de main-d’œuvre fait partie de l’actualité depuis plusieurs années. Elle s’était discrètement éclipsée pour laisser la pandémie mondiale voler la vedette, mais elle est de retour en force.

Selon une étude menée par la Commission de la construction du Québec (CCQ) en 2020[1], 63 % des employeurs ont affirmé avoir vécu des difficultés de recrutement et 48 % des répondants questionnés ont indiqué que les difficultés avaient été plus importantes que l’année précédente.

Avec la ferme intention de trouver des solutions, le Conseil du patronat du Québec (CPQ) a mandaté la firme Léger pour procéder à une étude sur les raisons pour lesquelles les jeunes n’envisageaient pas une carrière dans l’industrie de la construction. Au total, 39 % des répondants ont déclaré ne pas connaître suffisamment l’industrie[2]. Voici donc certaines données plus qu’intéressantes sur les diverses possibilités dans cette industrie qui est en pleine effervescence.

Nombre d’heures travaillées

De façon générale, le nombre d’heures travaillées dans l’industrie de la construction augmente année après année. L’augmentation a été constante et graduelle de 2015 à 2019[3]. L’année 2020 a, quant à elle, connu une légère baisse, mais il faut prendre en considération les fermetures de chantiers imposées en raison des mesures sanitaires pour contrer la pandémie. L’augmentation constante des heures dénote tout de même une industrie vigoureuse qui va continuer de requérir plusieurs nouveaux travailleurs pour de nombreuses années à venir.

Figure 1 – Nombre d’heures travaillées dans la construction de 2015 à 2020 (en milliers) selon les données de la CCQ

Perspectives envisagées par la CCQ

La CCQ a publié, en mars 2021, les perspectives par métier[4] en tenant compte des critères suivants : la croissance annuelle du volume d’heures par métier, le taux de roulement prévu, l’âge des travailleurs, le taux de disponibilité des travailleurs en fonction des bassins et la suffisance des diplômés.

Considérant tous ces critères, voici les métiers offrant d’excellentes ou de très bonnes possibilités d’emploi : carreleur, couvreur, monteur-mécanicien (vitrier), peintre, plâtrier, poseur de revêtement souple, poseur de systèmes intérieurs, briqueteur-maçon, calorifugeur, charpentier-menuisier, cimentier-applicateur, installateur de systèmes de sécurité, ferblantier, ferrailleur, frigoriste, grutier, mécanicien d’ascenseur, mécanicien en protection-incendie, monteur-assembleur, opérateur d’équipements lourds, tuyauteur et plongeur.

Paie

Les salaires, égaux pour tous, sans tenir compte du sexe, de l’origine ethnique, de la religion ou de tout autre critère discriminatoire, sont établis en fonction des conventions collectives applicables.

Dans le secteur résidentiel léger, prenons par exemple le salaire horaire d’un charpentier-menuisier : 22,60 $ pour un apprenti 1re année (de l’entrée jusqu’à 2 000 heures), 26,37 $ pour un apprenti 2e année (de 2 000 heures à 4 000 heures travaillées) et 32,02 $ pour un apprenti 3e année (de 4 000 heures jusqu’à la passation de l’examen de qualification) pour finalement arriver à 37,67 $ pour un compagnon (à la suite de la réussite de l’examen de qualification). En prenant en compte les congés, les primes et les vacances, le salaire horaire moyen est établi à 43,50 $ en 2020[5].

Âge

Pour évaluer les possibilités d’emploi, il est primordial de regarder l’âge des travailleurs. Évidemment, plus ceux-ci sont avancés dans leur carrière, plus il y aura de place pour la relève. Les travailleurs qui partent à la retraite devront être remplacés pour maintenir le même niveau de productivité sur les chantiers.

Pour sept métiers en particulier, le pourcentage des travailleurs âgés de 55 ans et plus atteint plus de 20 %,[6] soit au moins un travailleur sur cinq. Ces métiers à haut potentiel de relève sont les suivants : grutier, mécanicien de chantier, mécanicien de machinerie lourde, opérateur de pelles mécaniques, opérateur de machineries lourdes, peintre et poseur de revêtements souples.

Figure 2 – Pourcentage des travailleurs ayant plus de 55 ans par métier, selon les données de la CCQ

Départs

Comme c’est le cas pour toutes les industries, il y a, dans la construction, un bon taux de roulement. Il s’agit de personnes qui étaient actives et qui quittent l’industrie pour de multiples raisons : départ à la retraite, congé de maternité, année sabbatique, réorientation de carrière, promotion, etc. Les employés qui quittent leur emploi doivent être remplacés, ce qui laisse de nombreuses possibilités aux nouveaux venus intéressés par l’industrie. On doit regarder le nombre d’entrées et de départs pour avoir une vue d’ensemble sur les nouvelles personnes actives. On constate une tendance vers une adéquation des données.

Figure 3 – Nombre d’entrées et de départs dans l’industrie de la construction de 2011 à 2020, selon les données de la CCQ

Estimation des besoins

À moyen terme, la CCQ estime que les besoins annuels de l’industrie de la construction s’établiront à environ 13 000 nouveaux salariés d’ici 2025. Ce nombre substantiel est assurément un signe que tout aspirant peut envisager avec enthousiasme une carrière dans l’industrie. Les recherches menées démontrent que le nombre actuel de diplômés est insuffisant pour combler les besoins du marché du travail et que les portes des centres de formation professionnels accueilleront avec enthousiasme les nouveaux étudiants.

Au total, 177 489 personnes[7] ont effectué des heures dans l’industrie de la construction en 2020. Plusieurs femmes et hommes devront rejoindre leurs rangs pour maintenir un niveau de productivité sur l’ensemble des chantiers, tous secteurs confondus. De nombreux chantiers nécessiteront des milliers de travailleurs dans les années à venir. En voici quelques-uns : la déconstruction du pont Champlain, la construction de l’usine de production de vaccins de Medicago, le Réseau express métropolitain (REM), la construction d’une usine Kruger à Sherbrooke, l’élargissement de l’autoroute Henri-IV à Québec. Ces chantiers ne sont qu’une infime partie des travaux prévus dans les années à venir.

De plus, certaines conditions externes sont favorables à l’industrie, notamment pour le secteur résidentiel : les faibles taux hypothécaires encourageant la construction, la volonté nouvelle des travailleurs d’adapter leur milieu de vie aux nouvelles réalités du travail virtuel, l’exode urbain accentué par la pandémie qui accroît la demande de logements en région et la diminution de l’arrivée de nouveaux immigrants liée la crise sanitaire. Somme toute, l’industrie de la construction offre de multiples possibilités et plusieurs devraient envisager d’y participer!


[1] Volume d’activité anticipé, rareté de la main-d’œuvre et impacts de la pandémie, Commission de la construction du Québec https://www.ccq.org/-/media/Project/Ccq/Ccq-Website/PDF/Qualification/sondages/SondageCovid_Rapport_vpublic_juin2020.pdf

[2] Rapport, Perceptions de l’industrie de la construction chez les jeunes et les parents, Étude qualitative et quantitative, Rapport présenté au Conseil du patronat du Québec, 2021

[3] Statistiques annuelles de l’industrie de la construction 2020, Commission de la construction du Québec https://www.ccq.org/-/media/Project/Ccq/Ccq-Website/PDF/Recherche/StatistiquesHistoriques/2020/Faits_saillants_tableaux.pdf?la=fr-CA&rev=3af9ad9b0df6473f91da03bef6d7046a&hash=2C60DF1D920F545841CB9742DBEB361A

[4] Perspectives régionales dans l’industrie de la construction 2021-2015, Commission de la construction du Québec, mars 2021, https://www.ccq.org/-/media/Project/Ccq/Ccq-Website/PDF/Recherche/PerspectivesRegionales/2021_2025/10_2021_province.pdf?la=en&rev=d7bdb64b00ab49f2a22591f79a575acd

[5] Statistiques annuelles de l’industrie de la construction en 2020, Commission de la construction du Québec, https://www.ccq.org/-/media/Project/Ccq/Ccq-Website/PDF/Recherche/StatistiquesHistoriques/2020/Faits_saillants_tableaux.pdf?la=fr-CA&rev=3af9ad9b0df6473f91da03bef6d7046a&hash=2C60DF1D920F545841CB9742DBEB361A

[6] Statistiques annuelles de l’industrie de la construction 2020, Commission de la construction du Québec, https://www.ccq.org/-/media/Project/Ccq/Ccq-Website/PDF/Recherche/StatistiquesHistoriques/2020/Faits_saillants_tableaux.pdf?la=fr-CA&rev=3af9ad9b0df6473f91da03bef6d7046a&hash=2C60DF1D920F545841CB9742DBEB361A

[7] Statistiques annuelles de l’industrie de la construction 2020, Commission de la construction du Québec, https://www.ccq.org/-/media/Project/Ccq/Ccq-Website/PDF/Recherche/StatistiquesHistoriques/2020/Faits_saillants_tableaux.pdf?la=fr-CA&rev=3af9ad9b0df6473f91da03bef6d7046a&hash=2C60DF1D920F545841CB9742DBEB361A

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